À retenir :
- Les entreprises doivent se conformer aux obligations RGPD en matière de protection des données personnelles.
- Elles doivent garantir la sécurité des données afin de prévenir les risques de fuite, de piratage ou d’utilisation abusive.
- La mise en place d’une gouvernance des données organise la politique de gestion et de traitement des flux d’informations.
- Cette gestion est un enjeu majeur pour les entreprises face au développement numérique et technologique.

Dans un contexte marqué par l’explosion des données, les entreprises ont l’obligation de mettre en place une politique de confidentialité et de gestion des données efficace. Elles sont tenue de respecter le RGPD visant à encadrer et à sécuriser le traitement des informations personnelles. Reveals vous accompagne pour comprendre ce cadre réglementaire, identifier les enjeux et mettre en œuvre des actions concrètes adaptées à votre activité.
Qu’est-ce que la confidentialité des données ?
La confidentialité des données désigne l’ensemble des mesures visant à protéger les informations personnelles collectées par une organisation, tout en garantissant aux individus le contrôle sur leur utilisation. Elle permet d’éviter tout accès, utilisation ou divulgation non autorisés.
Une donnée à caractère personnel correspond à toute information permettant d’identifier directement ou indirectement une personne physique. Il peut s’agir de ses nom et prénom, numéro de téléphone, adresse mail, identifiants en ligne, numéro de sécurité social ou encore adresse IP.
La protection de ces éléments constitue un enjeu majeur, car une mauvaise utilisation peut avoir des conséquences importantes : démarchage abusif, discrimination ou encore usurpation d’identité.
Dans ce contexte, les individus doivent pouvoir conserver le contrôle sur leurs informations. Ils ont le droit d’être informés de manière claire et transparente sur la façon dont leurs données sont récoltées, stockées et traitées.
De leur côté, les entreprises ont l’obligation de mettre en place des protocoles et des mesures techniques et organisationnelles afin de garantir la sécurité de l’information et de respecter les principes de transparence et de sécurité.
Quel est le cadre réglementaire de la politique de gestion des données à caractère personnel ?
Le RGPD : la référence principale
Entré en vigueur en mai 2018, le Règlement général sur la protection des données (RGPD) harmonise les pratiques en matière de traitement des données personnelles au niveau européen. Il a pour objectif de renforcer les droits des individus, de responsabiliser les acteurs qui récoltent ces données et d’encadrer leur régulation. Cette réglementation s’applique à tous les organismes privés et publics qui récupèrent et traitent des données personnelles, dont les entreprises.
Le RGPD repose sur 6 grands principes à partir desquels découlent d’autres réglementations :
- La transparence. Les individus doivent être informés des modalités de traitement de leurs informations et de leurs droits sur ce traitement (rectification, accès, effacement, etc.).
- La finalité. Les informations récoltées doivent l’être à des fins légitimes pour l’organisme (gestion des ressources humaines, suivis de clientèle, etc).
- Le principe de minimisation. L’entreprise ne doit récolter que les données strictement essentielles pour son bon fonctionnement.
- Une durée définie. La conservation des informations a une durée déterminée. Les données doivent ensuite être supprimées, archivées ou anonymisées.
- La sécurité. L’entreprise doit instaurer toutes les mesures nécessaires pour protéger les informations qui lui sont confiées.
- Les droits des personnes. Les individus doivent être en mesure d’accéder, de rectifier et de supprimer (“droit à l’oubli”) facilement les informations fournies.
La réglementation en matière de protection des données évolue en permanence. Il est donc indispensable d’assurer une veille régulière et d’adapter ses pratiques en conséquence.
Le droit national complémentaire
Plusieurs lois et institutions assurent l’application des règles RGPD au droit français :
- La CNIL (Commission nationale de l’information et des libertés) est l‘organisme de surveillance de la protection des données. Elle exerce un rôle d’information et d’alerte, mais aussi de contrôle et de sanction. Elle accompagne les acteurs dans leur mise en conformité avec le RGPD.
- La loi Informatique et liberté (LIL). Elle adapte les obligations du RGPD au droit français sous la forme de règlements et précise certaines modalités d’application nationales.
- La directive NIS 2. Pilotée par l’ANSSI en France, elle définit un socle de mesures juridiques, organisationnelles et techniques pour renforcer la protection des organismes contre les risques de cyberattaque.
Quelles sont les obligations des entreprises en matière de confidentialité et de gestion des données ?
Le dirigeant d’entreprise est le responsable du traitement des données. À ce titre, il est en charge de la mise en place les mesures et les protocoles nécessaires au traitement et à la protection des informations personnelles.
Garantir la transparence et le respect des individus
Toute personne dont les données personnelles sont collectées doit savoir comment ces informations sont utilisées et à quelle fin. Il convient de lui communiquer tout un ensemble d’informations à ce sujet, notamment le nom du responsable du traitement, le caractère obligatoire ou non de ce transfert d’information, la durée de conservation des éléments, ou encore les droits dont elle dispose sur ces données (accès, modification, opposition, portabilité, suppression).
Cette information doit être délivrée au moment de la récolte lorsque celle-ci est directe, ou dans un délai d’un mois lorsqu’elle est indirecte (c’est le cas des informations fournies par les sources publiques). Elle doit être formulée de façon claire et concise afin que la personne puisse donner son consentement de façon libre, éclairée, spécifique et univoque. Ce dernier peut être obligatoire avant tout traitement.
Vous avez un site Internet ? Ces informations doivent figurer sur votre page de confidentialité (qui fait partie des mentions obligatoires). Un bandeau de gestion des cookies peut aussi être mis en place, mais il est interdit de pré-cocher des cases.
Sans information préalable, vous risquez une amende pénale de 1.500 euros en tant qu’entrepreneur individuel, et de 7.500 euros pour une société. En outre, si vous utilisez des données personnelles sans consentement, vous pouvez être sanctionné de 5 ans d’emprisonnement, 300.000 euros d’amende en entreprise individuelle et jusqu’à 1.500.000 euros en société.
Ces obligations de transparence ne sont pas seulement des contraintes légales : elles contribuent à instaurer un climat de confiance et à renforcer la crédibilité de votre entreprise.
Instaurer une gouvernance des données
La gouvernance des données désigne l’ensemble des protocoles mis en œuvre au sein d’un organisme pour garantir la confidentialité, la sécurité, l’exactitude, la disponibilité et l’exploitabilité des informations. Elle regroupe à la fois des normes, des processus techniques ou des systèmes d’organisation.
Pour respecter le principe d’accountability et être en mesure de garantir la conformité de votre société aux règles de protection des données, deux actions sont essentielles :
- Tenir un registre des données. Il recense l’ensemble des traitements effectués afin d’avoir une vision claire des actions menées. Sa tenue est obligatoire au-delà de 250 salariés, mais aussi en dessous de ce plafond si vous traitez des données sensibles, des données relatives à des condamnations pénales, ou des données qui représentent un réel risque pour les droits et les libertés des individus. C’est par exemple le cas des entreprises de finances ou de santé.
- Désigner un délégué à la protection des données (DPO). Ce data protection officer est obligatoire lorsque votre entreprise traite un grand nombre d’informations ou si la nature de votre activité implique un suivi de personnes à grande échelle.
Une gouvernance des données est essentielle pour structurer la gestion interne de vos données et développer votre croissance.
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Renforcer la sécurité et anticiper les risques
Les mesures de sécurité à mettre en place doivent être proportionnées à la nature des données traitées et aux risques spécifiques à votre activité.
Encadrer le traitement des données
Commencez par encadrer le traitement des données :
- Recensez les traitements des données et les supports utilisés ;
- Cartographiez les schémas d’interconnexion et de flux de données de la récolte à la suppression ;
- Établissez un plan d’action dédié à la sécurité informatique de votre entreprise ;
- Prévoyez régulièrement des contrôles pour identifier tout nouveau risque.
Élaborer un système de journalisation
Un système de journalisation enregistre l’ensemble des interventions techniques et métier des utilisateurs, les anomalies ou tout événement lié à la sécurité. Il constitue un outil indispensable pour détecter les incidents et réagir en cas de violation de données.
Agir à plusieurs niveaux
Pour renforcer la sécurité, il existe plusieurs leviers d’action, notamment :
- La restriction de l’authentification et de l’habilitation des utilisateurs. Proposez un identifiant unique par individu et limitez les accès en fonction de l’habilitation des personnes.
- La protection du matériel informatique et du réseau. L’installation de pare-feux, la mise en place de systèmes de verrouillage automatique des cessions, la mise à jour régulière des antivirus, le cloisonnement du réseau ou encore la suppression des données présentes sur un poste avant sa réaffectation sont des exemples de mesures courantes. Vos équipes doivent également être sensibilisées aux risques liés à l’usage du matériel mobile (vol, connexion à des réseaux publics non sécurisés).
- La sécurisation des serveurs. Elle peut s’appuyer sur le protocole TLS pour le chiffrement des échanges, ainsi que sur des logiciels de détection de programmes malveillants.
- Réaliser des sauvegardes régulières des données (dont une en hors-ligne). Pensez à protéger ces sauvegardes avec le même niveau d’exigence que vos systèmes de production.
Évaluer les risques
Le niveau de risque doit faire l’objet d’une évaluation régulière, ajustée au degrés de risque de votre activité. En cas d’incident, votre entreprise doit être en mesure de prouver qu’elle a pris les mesures adéquates.
Lorsqu’un traitement des données présente un risque important pour les droits et les libertés des individus, il faut alors réaliser une analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD). Il s’agit d’évaluer les risques, la proportionnalité des actions menées et les mesures envisagées pour les maîtriser.
Créer des protocoles de gestion
Tout incident de sécurité doit être encadré par une procédure formalisée. Le document doit décrire les critères de qualification de l’incident et les personnes à contacter en cas de souci. Rappelons qu’en cas de violation susceptible de porter atteinte aux droits et libertés des personnes, vous disposez de 72 heures pour en informer la CNIL.
Encadrer les flux de données vers des organismes tierces
Si vous faites appel à des organismes tiers pour la gestion de vos données, il convient de vérifier qu’ils possèdent les garanties suffisantes. Demandez la politique de sécurité de la structure et vérifiez leurs compétences et leurs ressources. Établissez ensuite un contrat de sous-traitance pour formaliser l’objet du traitement, organiser la répartition des tâches et des responsabilités et les modalités de traitement des informations.
Si vous faites appel à un organisme résidant à l’extérieur de l’UE, vérifiez que son pays de résidence fait l’objet d’une décision d’adéquation de la Commission européenne (la liste est disponible sur le site de la CNIL). Si aucune décision n’a été rendue, il convient d’exiger des garanties de la part de l’organisme: adhésion à un code de conduite, signature d’un contrat intégrant les clauses contractuelles types de la Commission européenne ou mise en place de règles d’entreprise contraignantes.
Quels sont les enjeux et les défis de cette mise en œuvre pour les sociétés ?
Les risques en cas de manquement
L’application d’une politique de confidentialité et de traitement des données est obligatoire et encadrée par la loi. En cas de non-conformité, l’entreprise s’expose à des sanctions financières importantes, voire à des sanctions pénales.
Au-delà de l’aspect juridique, toute violation de données a aussi un impact sur l’image de l’entreprise. À l’inverse, une politique stricte constitue un levier pour renforcer la confiance des consommateurs.
Le développement technologique
La digitalisation des outils et des systèmes de stockage (Cloud, objets connectés), ainsi que le développement de l’intelligence artificielle et du big data, accentuent les enjeux liés à la gestion des données.
Ces évolutions rendent le traitement des informations plus complexe et augmentent le risque de failles potentielles de sécurité. Il est donc impératif d’instaurer une politique de gouvernance qui s’adapte aux enjeux actuels.
Le respect de la confidentialité dans la gestion des données est un enjeu majeur dans la transformation numérique des entreprises. Encadré par le RGPD, il s’agit d’assurer un traitement utile et cohérent de l’information pour accélérer la croissance des structures tout en garantissant la protection des données. Si ces obligations représentent une contrainte organisationnelle et technique, elles constituent aussi un levier de confiance essentiel. Reveals vous accompagne dans l’instauration d’une politique de gouvernance adaptée à vos enjeux métiers. Contactez-nous pour identifier les axes de structuration de vos traitements de flux de données afin d’accélérer votre croissance.
FAQ
Qu’est-ce qu’une donnée personnelle ?
Une donnée personnelle est une information qui identifie directement ou indirectement un individu. Un nom, un prénom, une adresse de domicile, une adresse IP, un numéro de téléphone ou encore une empreinte en sont des exemples.
Quelle est la différence entre le RGPD et la CNIL ?
Le RGPD est la réglementation européenne qui encadre la protection des données personnelles. La CNIL est l’autorité française en charge de son application au niveau du territoire français. Elle accompagne les organisations dans leur mise en conformité.
Quelles sont les étapes du traitement d’une donnée ?
Une donnée est tout d’abord collectée puis enregistrée. Elle peut ensuite être utilisée, modifiée, voire partagée si nécessaire. Elle est conservée pendant une durée définie avant d’être supprimée ou anonymisée.